Soif de liberté/Thirst of freedom

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L’art, la culture et la liberté de parole ont été durement attaqués ces derniers jours. Après la sidération vient le temps de la reconstruction, paraît-il. Ma réponse à ceux qui se sont sentis tellement menacés par un crayon, un bout de papier et un sens de l’humour et de l’autodérision affirmé a été d’aller au musée. Oui, même par ce froid. C’était le seul moyen de me sortir de cet état de choc et recommencer à vivre. Et après tout, il suffit d’une bonne cape, d’un pull Saint James et d’une paire de moufles et le tour est joué.

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A la Somerset House (Londres) est exposée une partie de l’œuvre de Guy Bourdin. Plus de 100 photographies, de ses débuts avec Man Ray à ses travaux pour Vogue et Charles Jourdan, sont exposées. Et je peux vous assurer qu’on en prend plein les yeux. Sans jamais se départir de son univers artistique, il a su mettre son art au service de la publicité. Garder son identité, déranger par l’image, amener à réfléchir. Ces couleurs qui clashent les unes avec les autres, ces associations, ces positions des corps, cette subversion qui n’hésitait pas à s’exposer dans les pages de Vogue dans les années 70 – au temps où les femmes en Afghanistan avaient le droit de marcher dans la rue en jupe et talons.

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A la Somerset House, la liberté se trouvait aussi quelques allées plus loin, dans l’aile Est, avec l’exposition Chris Stein/Negative: Me, Blondie, and The Advent of Punk. L’atmosphère est radicalement différente. A la délicatesse des nuisettes en soie portées par les mannequins sur les photos de Bourdin et des chaussures à la finition parfaite, on a les T-shirts déchirés, trop délavés et l’eye-liner qui se fait parfois la malle au détour d’une robe en lamé portée par Debbie Harry. L’atmosphère de l’époque transpire de ces photos, cette capture sur le vif d’une ère où les gens se battaient pour être libres et non pour combattre la liberté. Le fond est pourtant le même entre ces deux expositions situées à quelques mètres l’une de l’autre : cette soif de casser les codes, de repousser les limites, la liberté tout simplement. Et cette liberté qui fait trembler certains abrutis au point d’y répondre par les armes, le sang et les larmes, elle est au final partout, dès l’instant qu’on décolle un tant soit peu son nez du vide de certains programmes télé, ou de Fox News plus généralement (si vous avez raté l’épisode des « no-go zones » dans Paris, c’est par ici). D’ailleurs, elle était également quelques pas plus loin avec PJ Harvey qui enregistrait, en public, son prochain album.

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Art, culture and freedom of speech have been deeply attacked these past few weeks. The days after the Charlie Hebdo’s attack, I couldn’t speak. Now it’s time for reconstruction, as they said. I found the answer to those who felt frightened by a pencil, a sheet of paper and a huge amount of sense of humour: I went to the museum. Yes, with that freezing weather. There’s nothing that a great cape, a good Saint James jumper and some gloves can beat.

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So here I was, at the Somerset House. Over than 100 pictures of Guy Bourdin are exposed, from the beginning as Man Ray’s protégé to his work for Charles Jourdan and Vogue. It’s simply amazing. He never ever betrayed his art, even for advertising. He kept his identity in each picture. It’s disturbing, it makes you think, you love it or hate it but you don’t forget what you see. The brightness of the colours, the position of the bodies, the subversion… and you could find all this published in the pages of Vogue in the 70s – when Afghan women were still allowed to walk in the streets dressed with a skirt and heels.

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At the Somerset House also, there was another expression of freedom in the East Wing: Chris Stein/Negative: Me, Blondie, and The Advent of Punk. The atmosphere is completely different from the previous wing. To the luxury silk lingerie and tailored shoes of the models on Bourdin’s pictures, we’re now in front of pictures of some dirty T-shirts with holes, some massive cat eye not always totally fresh or some lamé dresses worn by Debbie Harry, her band and her friends (Bowie, Iggy Pop and so on) and that decadence and rage of freedom. What is the link between these two exhibitions would you say? Freedom. The thirst of freedom, when people are trying to push the boundaries, to break the rules, that freedom attacked by some dumb people who lost their minds in absurdity. But that freedom, they will never kill it, because it’s everywhere, as long as you don’t stay too long in front of some crap tv shows or let say Fox News in general (did you miss the episode of “no-go zone” in Paris on Fox News? Have a look here). Yep, freedom is everywhere, and was again few steps further that day at the Somerset House with PJ Harvey who was recording her album in front of an audience.

Guy Bourdin: Image Maker, at the Somerset House. 27 November 2014 – 15 March 2015 (£9)
Chris Stein/Negative: Me, Blondie, and The Advent of Punk, at the Somerset House. 5 November 2014 – 25 January 2015 (free admission)

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